Ce mercredi au Royal Léopold Club, j’ai vu un match parmi tant d’autres.
Et pourtant, il restera probablement davantage dans ma mémoire que certaines finales beaucoup plus prestigieuses.
Cette semaine, seize tournois M15 ou M25 se disputent aux quatre coins du monde. Cela représente, rien que pour ce mercredi et rien que dans cette catégorie, plus de 200 matches de simple. Des centaines de joueurs. Des milliers de jeux. Des dizaines de milliers de points.
Et moi, j’ai envie de vous parler de deux anonymes.
Enfin, anonymes pour le grand public.
D’un côté, Harold Huens. Vingt-quatre ans. Joueur de série A. Membre du Royal Léopold Club. Ancien 1302e mondial.
De l’autre, Dorian Verrue. Du Davis. Sorti des qualifications. Premier tableau final de sa carrière sur le circuit international. Non classé au niveau international, B-15.4 en Belgique.
Pas de télévision, sauf le streaming ITF. Pas de tribunes pleines. Une cinquantaine de spectateurs tout au plus (*) Quasi tous des potes ou des parents des deux gladiateurs.
Et pourtant…
Pendant plus de trois heures, sous un soleil de plomb, les deux jeunes hommes de 24 et 21 ans ont livré un combat magnifique.
Pas un grand match. Pas un chef-d’œuvre technique. Mieux que cela : un vrai combat.
Comme un match d’interclubs joué avec l’intensité d’une finale.
Des jeux interminables. Dont un 40-0 devenu jeu perdu à la toute fin.
Des jambes qui se raidissent. Des visages qui se crispent. Des coups brillants. Des cris, parfois, bien compréhensibles. Des fautes parfois maladroites.
Et surtout, deux joueurs qui refusent obstinément de céder.
Le troisième set s’est terminé au tie-break.
Comme souvent dans ces moments-là, il fallait un vainqueur et un vaincu.
Mais honnêtement, en quittant le court, je me suis dit que les deux méritaient les applaudissements.
Parce qu’ils avaient donné tout ce qu’ils avaient.
Tout.
Pourquoi ?
495 dollars pour le vainqueur.
319 pour le perdant.
Et pourtant, aucun des deux n’a triché avec l’effort.
Pendant deux longues heures, ils ont simplement joué.
Joué comme on joue quand on aime profondément ce sport.
Et c’est peut-être cela que j’aime le plus dans les tournois comme le LiveRamp Brussels Open.
Bien sûr, il y a les têtes de série. Bien sûr, il y a les futurs champions.
Mais il y a aussi ces matches dont quasi personne ne parlera demain.
Ces matches qui ne changent pas l’histoire du tennis.
Mais qui expliquent parfaitement pourquoi nous l’aimons autant.
Merci Harold, merci Dorian.
(*) Ce match s’est tenu en début d’après-midi, dans une chaleur suffocante, ce qui explique qu’il y avait moins de spectateurs que d’habitude dans ce magnifique club! Il y avait plus de monde le soir et il y en aura encore plus dès demain. N’hésitez pas, c’est gratuit et la terrasse est géniale.
