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Encore et encore…

Il y a des semaines qui ressemblent à une vie.

La mienne, de semaine, pas de vie, a commencé à la Justine Henin Academy.

J’y allais pour suivre le J60. Il n’y avait pas encore grand monde lorsque je suis arrivé. Justine était là, tranquillement installée avec un café. Elle m’a proposé de m’asseoir.

Une demi-heure de conversation.

Une de plus.

Une de celles qui nourrissent.

Justine et moi, c’est une longue histoire de respect mutuel. Je l’ai rencontrée pour la première fois près de Bastogne. Elle avait cinq ou six ans à peine. Je l’ai ensuite suivie tout au long de son extraordinaire parcours, parfois de très près, parfois d’un peu plus loin. J’ai même eu le bonheur d’écrire deux biographies qui lui étaient consacrées.

Nous n’avons pas la relation presque fraternelle qui me lie à Dominique Monami. Dominique fait partie de ces personnes avec lesquelles les années ont construit une véritable amitié. Avec Justine, c’est différent. Plus discret. Mais chaque échange est riche, profond et sincère. Et chaque fois, je repars avec le sentiment d’avoir appris quelque chose.

Quelques heures plus tard, direction l’Argayon de Nivelles.

À peine arrivé, Xavier Daufresne est venu m’accueillir. Toujours le même Xavier. Un abord un peu rugueux, un humour bien à lui… et un cœur immense. Lui aussi me replonge plusieurs décennies en arrière. J’ai joué contre lui lorsqu’il était adolescent. Puis je l’ai vu devenir, avec Bart Wuyts, Ann Devries ou Sandra Wasserman, l’un des premiers véritables professionnels du tennis belge.

Pendant que nous parlions, Kimmer Coppejans est venu nous saluer. Kimmer… Voilà un garçon qui n’a jamais changé. Toujours le sourire. Toujours un mot gentil. Toujours cette humilité qui force le respect.

Le sur-lendemain, changement de décor.

Wimbledon.

Il y a des endroits où l’on n’entre jamais comme dans un club ordinaire. Wimbledon en fait partie. Les allées, le gazon, les traditions… On a l’impression que le temps s’y est arrêté.

J’y ai suivi le match de Zizou Bergs. Ce n’était sans doute pas son meilleur tennis. Mais quelle volonté ! Il disputait déjà son septième match en onze jours. Sept matches. Sept victoires. À la fin, son regard disait tout : le soulagement, la fatigue et le bonheur d’être encore là. Lorsque nous nous sommes salués, j’ai senti qu’il était heureux de retrouver un visage familier. Au fil des tournois belges et des rencontres de Coupe Davis, des liens se créent naturellement. C’est aussi cela, la beauté de ce métier.

Puis il y a eu Filip Dewulf.

Il y a bien longtemps qu’il n’est plus seulement, à mes yeux, le demi-finaliste de Roland Garros 1997. Il est devenu un ami du tennis. Une référence. Un homme dont j’apprécie profondément le regard, la compétence et l’humanité. Travailler aujourd’hui à ses côtés au sein de Tennis Belgium est un privilège dont je mesure chaque jour la valeur. Donc, je lui ai envoyé un sms pour lui dire que je voulais le saluer, on s’est parlé dix minutes. De ces minutes qui comptent. J’ai aussi envoyé un whatsapp à Steve. Lui aussi est devenu un ami pour lequel j’ai le plus profond des respects Il était, hélas!, déjà parti de Londres.

Et demain ?

Demain, je prendrai la route du Royal Tennis Club de Liège pour l’Ethias Province Open.

Encore un club mythique. Celui de David, de Raph, de Steve, de tant d’autres…

Encore un lieu où reviennent des souvenirs vieux de plus de trente ans.

J’y retrouverai Gauthier Onclin, Kimmer Coppejans et toute cette nouvelle génération qui écrit, à son tour, les belles pages de notre tennis.

En rentrant de Wimbledon, c’est mon ami Christophe Blaivie qui est venu me chercher.

Christophe… c’est une autre histoire.

Une histoire d’amitié.

Une histoire de vie.

Mais aussi, bien sûr, une histoire de tennis.

Et sur le chemin du retour, je me suis dit que j’avais décidément beaucoup de chance.

J’ai découvert le tennis, gamin, grâce à mes parents, en admirant Tom Okker, Arthur Ashe et tant d’autres. Des années plus tard, j’ai eu l’immense honneur d’interviewer Arthur Ashe. Ce jour-là, je n’ai pas rencontré uniquement un immense champion. J’ai rencontré un homme dont l’élégance, l’intelligence et l’humanité continuent encore aujourd’hui de m’inspirer.

Depuis, j’ai vu débuter des enfants devenus champions.

J’ai raconté leurs victoires.

Leurs défaites.

Leurs rêves.

Et je continue, aujourd’hui encore, à ressentir exactement la même émotion en poussant la porte d’un club de tennis.

Je mesure chaque jour la chance que j’ai.

Parce qu’au fond, le tennis ne m’a jamais quitté.

Il continue de me surprendre.

De m’émouvoir.

De m’émerveiller.

Encore et encore.

Encore et encore.

Encore et encore.