Hier, je suis allé à Hannut.
Au RTC Hannutois plus précisément, pour les Championnats de Belgique vétérans.
Enfin… vétérans.
C’est ce qui était écrit sur l’affiche.
Parce qu’une fois au bord des courts, j’ai surtout vu des champions.
Des vrais.
Des champions d’hier, des champions d’aujourd’hui et, surtout, des hommes et des femmes qui n’ont jamais vraiment accepté de conjuguer leur passion au passé.
J’ai revu Denis Langaskens.
Champion de Belgique de première série en 1988.
Trente-huit ans plus tard, il est toujours là, raquette en main.
Et puis Pierre Godfroid.
Finaliste de cette même édition 1988 face à Denis.
Pierre appartient presque à un autre tennis. Celui où certains ne se demandaient pas s’il fallait monter au filet. Ils y allaient.
Alors Pierre y va.
Encore.
Et encore.
Volée de coup droit, volée de revers, toucher de balle… Un tennis que les moins de vingt ans n’ont peut-être jamais vraiment connu. Et un tennis qui lui permet aujourd’hui encore de figurer parmi les meilleurs mondiaux de sa catégorie.
Un peu plus loin, Jean-Pierre Doucy (Photo)
Finaliste chez les 80 ans.
Jean-Pierre, je l’ai connu lorsque j’étais jeune au TC Fontainois. On a suivi les cours d’initation ensemble.
Le retrouver là, tant d’années plus tard, avec toujours une raquette à la main, fait forcément remonter quelques souvenirs.
Il y avait aussi Diane Guns.
Multiple championne de Belgique.
Toujours aussi fit.
Toujours aussi conquérante.
Certaines choses, manifestement, ne changent pas.
Et puis il y a les corps.
Parce qu’ils finissent quand même, parfois, par rappeler que les années passent.
Eric Bourguet souffrait énormément.
Il a pourtant joué sa finale face à Pierre.
Laurent Dessart avait une déchirure au mollet.
Il aurait pu arrêter.
Il a continué.
Pour aller chercher son huitième titre de champion de Belgique.
Pourquoi ?
Probablement parce qu’un champion reste un champion.
Même lorsque le mollet lui conseille très sérieusement de devenir raisonnable.
J’ai aussi découvert de jeunes championnes de 25 ans. Valentine et Lynn.
Vingt-cinq ans !
Et déjà vétérans.
Je n’ai pas eu l’impression, en les regardant, qu’elles l’étaient 😊
Et puis il y avait les copains.
Maxime Faniel et Olivier Fortin en double.
Je ne suis pas totalement certain que le titre constituait leur unique motivation.
Ils étaient surtout venus pour se retrouver autour d’une Coupe – celle des champions – avant de se retrouver autour d’un verre – de bière, celui-là.
Finalement, le tennis sert aussi à cela.
J’ai retrouvé Cédric Bertrand, avec qui c’est toujours un plaisir de discuter.
Même lorsque nous ne sommes pas vraiment d’accord.
Peut-être même surtout lorsque nous ne sommes pas vraiment d’accord.
Jean-Pierre Faniel était là également, le papa de Maxime.
En regardant son gamin, une idée m’est venue.
Jean-Pierre, si tu me lis, je jouerais bien le double avec toi l’année prochaine.
Il y avait Laurent, le juge-arbitre, et son épouse Mélanie, toujours aussi agréables.
Et Alexandre Folie.
Au-dessus du lot sur le terrain, mais toujours aussi amène et courtois en dehors.
Et puis tous les autres.
Car ce sont finalement eux qui m’ont fait réfléchir en reprenant la route.
Ces femmes et ces hommes aiment le tennis.
Tout simplement.
Ils l’aiment suffisamment pour continuer malgré les années.
Malgré les douleurs.
Malgré les déchirures.
Malgré les lendemains où se lever du lit doit parfois constituer le premier exploit sportif de la journée.
Ils continuent à s’entraîner.
À se déplacer.
À retrouver les copains.
À râler après une balle dehors.
À savourer une amortie réussie.
À vouloir gagner.
Parce qu’à 25, 50, 60, 70 ou 80 ans, lorsque l’arbitre annonce « jeu », quelque chose d’étrange se produit.
L’âge reste sur le banc.
Et c’est peut-être cela que j’ai le plus aimé hier à Hannut.
Ces joueurs et ces joueuses ne sont pas seulement des vétérans.
Ils font partie de ceux qui font vivre le tennis en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Ils jouent dans nos clubs, participent aux compétitions, racontent des histoires, transmettent une passion et entretiennent ces amitiés qui, parfois, durent beaucoup plus longtemps qu’un palmarès.
Alors merci à Denis, Pierre, Jean-Pierre, Diane, Valentine, Lynn, Eric, Laurent, Maxime, Olivier, Cédric, Jean-Pierre bis, Alexandre et à tous les autres.
Merci pour cette journée.
Merci surtout de m’avoir donné une petite envie supplémentaire.
Celle de vous rejoindre. Sur la route, j’en ai parlé à mon aîné, Bernardo, B+4,6 qui m’a conforté dans mon idée: « mais oui, papa, tu n’as que 65 ans et avec ton jeu.... »
Pourquoi pas dès l’année prochaine ?
Après tout, j’ai l’âge.
J’ai encore une raquette (merci à Thierry Van Cleemput, d’ailleurs ;-)
On me dit que mon slice d’ancien B-15 ennuyeux à jouer n’est pas complètement mort.
Et j’ai toujours mon amortie et mes lobs (d’où le nom de ce blog ;-)
Pour le reste, on verra bien.
Car finalement, hier à Hannut, vous m’avez rappelé pourquoi j’aime autant ce sport.
On peut vieillir.
On peut avoir mal.
On peut courir un peu moins vite.
Mais tant qu’il reste un court, une raquette, une balle et quelqu’un de l’autre côté du filet…
On joue.
Encore.
Et encore.
