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Trois Liégeois, deux générations, trois trajectoires

(En regardant Raphaël à Miami, j’ai songé à David que j’ai aussi vu tant de fois. Puis, j’ai vu le résultat de Gauthier à Toulouse et lu évidemment e texte écrit par Christian pour Tennis Wallonie-Bruxelles. Cela m’a donné envie de vous proposer ces quelques lignes en prolongement de mon post précédent sur David).

Trois Liégeois.
Deux générations

Trois trajectoires.

D’un côté, David Goffin.
35 ans.
Un corps qui rappelle parfois que le temps passe.
Des défaites qui s’accumulent.
Et les murmures qui reviennent.

De l’autre, Raphaël Collignon.
L’émerveillement généré par des débuts dans les tournois majeurs.
L’élan de ceux qui montent.
Et, à Miami, des victoires qui claquent.
Dimitrov. Cobolli.
Comme une promesse.

Et puis, Gauthier Onclin.

Même génération que Raphaël.
Même ville que David et Raph.
Mais une autre réalité du circuit.

Celle où rien n’est jamais acquis.
Celle où, pendant quatre mois, on ne gagne plus un match.
Celle où il faut repartir, presque de zéro.

Avant de rebondir.
Deux titres en un mois sur le circuit ITF.
Vingt matches en cinq semaines.
Dix-sept victoires.
Un retour dans le Top 250.

Mais surtout, un discours différent.

Moins tourné vers l’urgence.
Moins obsédé par les points.
Plus ancré dans le travail.
Dans le jeu.
Dans le long terme.

Parce que le plus dur, au fond, ce n’est pas d’arriver.
C’est de rester.
Ou parfois… de revenir.

David Goffin connaît ce combat par cœur.
Il l’a mené pendant plus de dix ans, au sommet.
Il sait ce que cela coûte de durer.

Gauthier Onclin est en train d’en mesurer toute l’exigence.
Revenir après avoir douté.
Avancer sans se perdre dans les calculs.
Construire, point après point.

Raphaël Collignon, lui, découvre encore l’autre versant.
Celui où tout semble possible.
Celui où chaque victoire ouvre une porte.

La porte de ses rêves d’enfant.

Et puis, il y a cette image.
Presque symbolique.
Les deux, David et Raphaël, côte à côte, sur un court de double au dernier European Open.
Goffin et Collignon.

Comme un passage.
Comme un relais silencieux.

Mais ce relais n’est jamais linéaire.
Onclin est là pour le rappeler.

Parce que le tennis n’est pas une ligne droite.
C’est une succession de cycles.
De hauts.
De creux.
De retours.

L’un n’a plus rien à prouver.
Les deux autres ont tout à construire.
Mais tous les trois partagent la même réalité :

celle d’un sport qui ne donne rien.
Qui se mérite.
Chaque jour.

Alors oui, leurs trajectoires diffèrent.
Mais elles racontent la même chose.

La beauté.
Et la dureté.

Du haut niveau.

Car oui, les M25 de Gauthier sont, aussi, déjà, du haut niveau.

Qui ne paie pas mais où le tennis est déjà, tellement, tellement, exigeant.

Trois Liégeois, trois hommes généreux.

Qui savent ce que lutter veut dire.

Et qui n’oublient pas que tout peut aller très vite, dans les deux sens.

En cela, le message envoyé, de Miami, par Raphaël à son pote Gauthier démontre que le tennis peut, pour individuel qu’il soit, peut aussi, heureusement, créer des histoires d’amitié.