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Et si on laissait David décider?

Quatre matches, quatre défaites en 2026.

Une dernière victoire qui remonte à octobre 2025.

Un genou qui grince.
35 ans au compteur.

Et déjà, encore, les murmures.

Ils reviennent, comme toujours. Discrets d’abord, puis de plus en plus présents.

« Est-ce que ce n’est pas la saison de trop ? », « Doit-il s’arrêter ? », « A-t-il encore le niveau ? ».

Mais au fond… de quoi se mêle-t-on ?

Depuis quand une carrière appartient-elle à ceux qui la regardent plutôt qu’à celui qui la vit ?

Et si on laissait simplement David Goffin décider ?

Parce que derrière les chiffres, derrière les défaites, derrière ce genou qui tire, il y a un homme.

Un homme discret, profondément honnête avec son sport.
Un joueur qui n’a jamais triché, ni avec les autres, ni avec lui-même.

Pas n’importe quel joueur.
Un joueur qui a porté le tennis belge pendant plus d’une décennie.
Qui a été Top 10 mondial.
Qui a disputé une finale du Masters.
Qui nous a fait vibrer en Coupe Davis en 2015 et plus encore en 2017.

Alors oui, aujourd’hui, c’est plus dur.
Le corps parle autrement. Le genou rappelle l’âge. Le niveau se conquiert encore plus durement qu’auparavant.

Tout cela, il le sait mieux que personne.

Alors pourquoi vouloir décider à sa place ?
Pourquoi vouloir écrire pour lui la dernière ligne ?

Comme si une carrière devait se terminer proprement.
Comme si elle devait respecter un scénario.
Comme si l’émotion pouvait se planifier.

La carrière de David Goffin, c’est tout sauf une ligne droite.
C’est une succession de combats.
De moments où on l’a dit fini… avant qu’il ne revienne.
Encore. Et encore.

Avec ce regard.
Avec ce jeu.
Avec cette manière unique de lire le jeu et de trouver des trajectoires.

Alors oui, aujourd’hui, il perd.
Oui, ça coince.
Oui, ça fait moins rêver.

Mais la vraie question n’est pas là.

La vraie question, c’est : a-t-il encore envie ?

Envie de continuer à se lever pour s’entraîner.
Envie de repartir, encore, dans un avion.
Envie de se battre, même quand le corps dit non.
Envie de ressentir ce moment où tout bascule, où un match redevient vivant.

Si cette envie est encore là — et la réponse n’appartient qu’à lui — alors tout le reste n’a pas d’importance.

Parce qu’une carrière, ce n’est pas une feuille de résultats.
C’est une histoire.
Et cette histoire, c’est lui qui l’écrit. Pas nous.

David Goffin n’a plus rien à prouver.
Plus rien.

Et c’est précisément pour ça qu’il est libre.

Libre de continuer.
Libre de s’arrêter.
Libre de choisir.

Et nous, au fond, on devrait juste accepter ça.

Parce que qu’est-ce que cela change, vraiment ?
Qu’il arrête aujourd’hui, demain, dans six mois, dans deux ans?

Qu’il parte en silence…
ou après un dernier coup d’éclat dont il a le secret ?

Qu’est-ce que cela changera à ce qu’il a été ?

Rien.

Il nous aura fait vibrer.
Il nous aura fait croire.
Il nous aura parfois frustrés aussi, c’est vrai.

Mais cette frustration-là…
c’était juste la preuve qu’on tenait à lui.

Alors oui, David…

Fais ce que tu veux.
Reste autant que tu veux.
Joue autant que tu peux.

Et pars…

le jour où toi, tu l’auras décidé.

Et ensuite?

Il sera, encore et toujours, le papa de sa petite fille.

Il sera, encore et toujours, ce gars de Liège, discret mais oh combien déterminé.

Il sera toujours le premier joueur belge à être entré dans le Top 10.

Il sera toujours… David Goffin.